Mes petits trucs :

Y’a qu’à-faut que

Ouf les fêtes sont finies ! L’occasion de revoir sa famille et son cortège de principes ancestraux, n’est pas toujours de tout repos. L’ambiance peut être même parfois détestable selon certains de mes patients.
La table est présidée en général par le père mais la mère n’est pas loin. Tout autour, les enfants devenus adultes reproduisent à l’identique, la vieille rivalité fraternelle, celle qui consiste à attirer toute l’attention du ou des parents sur ses succès. La discussion s’oriente alors sur les réussites professionnelles de chacun et s’enrichit de poncifs destinés à faire de gagner le sommet de la pyramide professionnelle et de paraître comme le digne descendant de la lignée familiale . Avec une pointe d’arrogance chaque protagoniste énonce des « quand on veut, on peut », des « l’argent vient à ceux qui le méritent », « il suffit de travailler »… Inutile de dire que dans la fratrie, celui qui n’a pas ou pas encore réussi, n’a plus, comme solution, que supporter ce qui peut se concevoir comme une humiliation, se justifier en s’excusant de n’y être pas arrivé ou se mettre en colère devant tant d’inepties ânonnées. Le patriarche, dont le but, est de stimuler le vilain petit canard, va jouer sur l’égo de chacun et attiser les conflits en valorisant ou dénigrant les évolutions professionnelles de chacun.
Parmi les femmes de la famille, filles et belles filles, la rivalité fraternelle aura pour thème l’éducation et la réussite scolaire des enfants. Souvent mes patients me racontent la honte, le manque de compassion de la part des tantes ou grand-mère pour leurs difficultés scolaires. D’autres, dans la provocation, ou parce qu’ils sont jeunes, fatigués, en phase d’opposition, se montrent sous leur plus mauvais jour au grand désespoir de leur parents. Dans ce cas de figure les « y’a qu’à-faut que » fusent : « moi, de mon temps … », « il y a des fessées qui se perdent » « je n’ai aucun soucis avec mes enfants, car je sais les élever, » « on a su éduquer nos enfants sans avoir besoin de psy » … distillés entre la poire et le fromage, blessant le ou les parents qui se mettent à brandir l’oriflamme du protectorat de l’estime de soi de leur progéniture. Mais souvent les pseudo proverbes clichés, et les « bons conseils » ne font que raviver les anciennes querelles de l’enfant maintenant devenu parent vis-à-vis de ses propres parents.
Les plus fragilisés lors de cette joute dégoulinante de phrases bien pensantes sont souvent les plus jeune de la fratrie adulte : pas encore solides sur le plan professionnel, sentimental ou débutant dans la parentalité, ils servent de bouc émissaire afin de déplacer les émotions négatives dues aux différents , aux conflits non résolus ainsi que le manque de communication au sein de la sacro sainte famille. Plongés dans cette atmosphère, ils ne voient plus les enjeux se tissant, ne prennent aucune distance et s’énervent, pensant qu’ils sont toujours incompris, rejetés, non reconnus comme faisant partie de la généalogie. Ils se drapent dans le conflit de génération, la guerre des anciens, la transmission de nouveaux codes de famille qui sont les leurs et sont révolutionnaires face à la dégradation des valeurs ancestrales.
Le truc ? Ne vous faites plus avoir par ces réunions ou sont servis en mets principaux les querelles intestines familiales ;

Les astuces ?