Mes petits trucs :

L'attachement

1. Tout humain qui s'engagera dans une relation sociale, émotionnelle et de protection durable de l'enfant peut devenir pour lui une figure d'attachement.

Le nouveau né est un être très éveillé qui réalise en quelques secondes qu'il est dans un monde parfaitement inconnu et qui, s'il ne trouve pas vite soutien émotionnel, sécurité affective et nourricière auprès d'une personne digne de sa protection, n'ira pas très loin dans la vie. Il a un besoin impérieux de ses parents, ressent un malaise en leur absence suivi d'une satisfaction rapide et immédiate en leur présence. Il n'en reste pas moins que le nouveau né va hiérarchiser ses caregivers : nul doute qu'il sait différencier les gouzi gouzi de la tata germaine, du regard bienveillant de son père. Au vu des études récentes, la mère reste la base de cette hiérarchisation. J'ai toujours été frappée lorsque dans une crèche criante et hurlante des nouveaux nés, la mère se dirige toujours et sans aucune hésitation, au sein du brouhaha, vers son propre braillard.

2. Être présent, donner de l'attention et de l'amour à l'enfant est le meilleur garant de sa sociabilité future.

Le nourrisson, tel un oisillon voletant autour du nid, explorera son environnement selon ses figures particulières d'attachement. Rassuré par leur présence physique ou mentale, notre explorateur en herbe ira de plus en plus loin dans la compréhension de son environnement ; par contre, inquiet, il retournera bien vite au nid, se confinera dans une stabilité environnementale moins dangereuse pour lui, éteignant, petit à petit sa curiosité et altérant son système exploratoire.

3. L'enfant et la figure d'attachement sont des partenaires.

L'enfant et la figure d'attachement ressentent le sentiment gratifiant d'une intention commune et la capacité à s'identifier l'un à l'autre. Vers 3-4 ans les comportements, les systèmes, les liens émotionnels et les représentations mentales d'un attachement sécure, gratifiant pour l'enfant et les caregivers sont mis en place. Le partenariat, se mesure par la capacité de négociation des conflits, c'est-à-dire la possibilité de pouvoir abandonner ou d'ajuster ses propres buts afin que le partenariat se maintienne. Si les premières figures d'attachement restent au sommet de la hiérarchie du système d'attachement, celui-ci s'enrichit de jour en jour de nouveau partenaires.

4. Les parents doivent préparer l'évolution de leurs rôles vis-à-vis de l'enfant.

Le système des caregivers et le partenariat consenti évolue. Les soins parentaux sont de moins en moins limités au « nursing » et au « nuturing » et d'avantage focalisés sur la transmission, l'apprentissage, l'accompagnement et la motivation à la connaissance et au savoir faire. Par ailleurs, les séparations quotidiennes allongées, obligent l'enfant à accepter l'aide maintenant rendue obligatoire, de la part d'autres caregivers. Cette passation de pouvoir est la première étape du processus de séparation de l'enfant et n'est pas toujours bien acceptée par les figures d'attachement comme en témoigne les deux pics de fréquence du trouble anxiété de séparation du 5-7 ans et du 12-14 ans.

5. Et l'adolescence est le moment où cet attachement se réorganise complètement.

À l'adolescence, le jeune peut s'abstraire de la réalité et raisonner sur des hypothèses. Avant, il pouvait se représenter différentes expériences d'attachement divergentes sans les relier entre elles. Par exemple : ma mère m'aide à me sentir mieux quand je me sens mal ; mon frère m'ignore quand je me sens mal. Maintenant, il lui est possible de relier les propositions, d'en intégrer de nouvelles et de les généraliser : « quand je me sens mal, je peux compter sur certaines personnes et pas d'autres ». Cette stratégie permet l'accroissement marqué de la différenciation de soi et de l'autre, qui autorise le jeune à avoir moins de relation centrée sur les caregivers mais élargies aux partenaires sociaux. De plus, l'adolescent, peut comparer ses relations avec différentes figures d'attachement entre elles, mais aussi à des idéaux hypothétiques (importance des magazines people). Ils peuvent reconnaître que les parents peuvent être défaillants dans leurs réponses aux soins d'attachement et imaginer que d'autres relations pourraient mieux satisfaire ces besoins. L'attachement aux parents ne diminue pas, il n'est plus centré que sur eux, et intègre maintenant les pairs.